Les Fiefs Viticoles
Les vignobles de LA FOYE-MONJAULT
Le temps de la prospérité
Jadis,
la région de BEAUVOIR SUR NIORT était essentiellement une région viticole
classée « en bois ordinaires » dans l’AOC COGNAC. Elle produisait
des eaux de vie et des vins considérés comme d’assez bonne qualité, surtout
ceux de certains coteaux de LA FOYE MONJAULT et de Limouillas cités en 1534
par le célèbre RABELAIS dans les « Grandes et inestimables chroniques
du grand et énorme, GARGANTUA ».
En pleine guerre pichrocoline,
RABELAIS raconte au chapitre XXXIV que GYMNASTE offrit sa bouteille au capitaine
en lui disant :
« Tenez, capitaine, beuvez en hardiment, j’en ai faict l’essay,
c’est vin de la Faye-Moniau ».
Les vins de la FOYE-MONJAULT, et bien au-delà des limites du Poitou
furent très tôt et très longtemps célèbres. De FRANCOIS 1er à
HENRI IV, « ce fut vin de bouche des rois ». Une phrase est célèbre
dans le département « Buvez en sire, c’est du vin de Limouillas ».
On prétend même que le Roi aurait possédé un clos à Limouillas. Un acte
officiel mentionne que le Roi se faisait livrer au château d’AMBROISE, entre
autres, du vin de LA FOYE MONJAULT. En 1750, les connaisseurs le comparaient à
du bordeaux de bonne qualité et le meilleur cru était celui de Limouillas.
L’exploitation des terres en vignes constitua longtemps une
quasi-monoculture. Un document de 1246 montre qu’à cette époque, le pays
offrait l’aspect d’un immense vignoble partagé entre près de 4500 propriétaires,
détenant pour la plupart moins d’un quartier de vignes soit 5000 ou 6000 ceps
seulement, un petit nombre n’en détenaient que quelques centaines. Ces vins
se vendaient à bon prix : En 1753, GABRIAULT, un marchand niortais vendit
du vin blanc de LA FOYE MONJAULT à 24 livres la barrique contre 12 livres dans
les coteaux niortais.
Au XVIII ème siècle, les foires de MAUZE, BEAUVOIR et de LA
FOYE-MONJAULT, cette dernière se déroulant tous les 25 Octobre, avaient une
grande réputation. On y fixait le prix du vin. Les marchands et les artisans
s’y rendaient nombreux. Viticulteurs et négociants faisaient vivre de
nombreux métiers : En particulier, les tonneliers qui fabriquaient les
futailles pour loger les récoltes.
En 1879, les prix de l’hectare de vigne varient suivant la qualité du
vin : 2500 livres à BEAUVOIR, 3000 livres à MARIGNY, 3200 livres au
CORMENIER, 5000 livres à LA FOYE MONJAULT et en comparaison 2000 livres à
PAMPROUX. En plein essor, le canton totalise 4100 hectares de vignes dont 900 à
LA FOYE-MONJAULT, 700 à MARIGNY et 300 à LA CHARRIERE.
Le travail de mémoire
Le « GAEC des Bois » a replanté quelques ares de négrette,
cépage originaire de Chypre et cultivé avant cette catastrophe. La première
commercialisation de ce vin a eu lieu lors de la manifestation de la nouvelle
foire, le 20 Octobre 2002.
La foire d’antan revit, de façon symbolique, depuis 2001, sous
l’appui de l’association « Les Fiefs Viticoles », qui, développe
l’action de mémoire de l’ancien terroir viticole grâce en outre, à des
recherches historiques menées aux Archives départementales de NIORT. Cela
aboutit à des animations lors de cette journée annuelle comme par exemple la découverte
du public de cet ancien terroir en organisant une randonnée à travers la
commune « A la recherche du vignoble perdu ».